Historique des produits
Sucre
Le sucre – du sanscrit "sarkara" – trouve son origine en Asie ( Chine, Inde, Perse).
Dès le IIIème siècle avant J.-C., la canne à sucre était connue dans la vallée de l'Indus, où elle poussait à l'état sauvage. Les Grecs et les Romains désignaient le sucre sous le nom de "sel indien" et de "miel d'Asie". Le miel était utilisé comme médicament dans l'Egypte Ancienne. Au Xe siècle, des industries égyptiennes transformaient le sucre.
Au Moyen-Age, des commerçants Vénitiens introduisirent en Europe, le premier caramel, inventé par les Arabes. Les croisades accentuèrent la vogue du sucre de canne, appelé "sel doux" en Occident. Plus tard, les colonisateurs ibériques la diffusèrent aux Caraïbes et en Amérique continentale.
Au début du XVIIe, la culture de la canne et la production de sucre commencèrent aux Etats-Unis, autour de la Nouvelle-Orléans : la production sucrière en région tropicale et sub-tropicale devient une opération rentable.
Au siècle suivant, une première raffinerie fut ouverte à Bordeaux, en 1830. Le XIXe siècle fut celui du développement du sucre de betterave dont le France était en 1875, le premier producteur mondial.
La consommation moyenne de sucre par personne et par an a été multipliée par 12 en Europe au cours du XXe siècle, pour atteindre aujourd'hui 30 kg.
Cannelle
Le cannelier est un petit arbre toujours vert qui croît à l’état sauvage dans des forêts montagneuses. Il est originaire de la côte indienne de Malabar, de l’île de Ceylan et de Chine.
En Egypte, la cannelle faisait partie des produits nécessaires à la momification.
Or la cannelle ne fait pas partie des cultures Egyptiennes. Elle devait, par conséquent, faire l’objet d’un commerce à longue distance dont on trouve la trace dans des écrits égyptiens datant de 2500 ans avant J.-C.
C’est par l’Arabie que la cannelle, avec d’autres épices est diffusée en Europe au début de l’ère chrétienne, par Constantinople, puis Venise. A la fin du XVe siècle, l’Espagne, le Portugal et l’Angleterre se disputent le contrôle de la diffusion des principales épices. C’est le Portugal qui l’emporte grâce à la route ouverte par Vasco de Gama vers l’Inde en faisant le tour de l’Afrique, alors que, à la même époque Christophe Colomb, avec la même mission, pour le compte de l’Espagne se fourvoit en Amérique !
On obtient la cannelle en coupant de petites branches vieilles de 3 ans sur lesquelles on pratique 2 ou 3 incisions longitudinales. En séchant, l’écorce s’enroule sur elle-même formant des batonnets friables de 7 à 8 cm de long et 1 cm de diamètre en forme de tuyau.
Vanille
La vanille est une plante grimpante de la famille des orchidées, qui ne pousse naturellement qu’au Mexique. Parmi les 30 sous-espèces de vanille, la plus noble est la " Vanille Bourbon ". Les Aztèques la mélangeaient avec le cacao pour préparer une boisson au chocolat… pimentée.
Actuellement, la vanille est essentiellement produite dans l’Océan Indien et 80% de la production mondiale vient de Madagascar. Mais c’est par La Réunion que la vanille a été introduite dans l’Océan Indien, vers 1820. A cette époque, on ne connaissait pas la fécondation artificielle. Or, la fleur de vanille ne pouvait être fécondée que par une abeille qui vit exclusivement au Mexique : la Mélipone. Moyennant quoi, pendant les premières années, les plantes de vanille n’ont pu produire aucune gousse.
Il fallut attendre 1841 pour qu’un jeune esclave de 12 ans, Edmond Albius, trouve les gestes qui rendent fertiles les plants de vanille. La légende qui court sur l’Ile de Réunion veut que le jeune garçon, puni par son maître, se mit à triturer les fleurs de vanille pour se venger, ce qui déclencha une fécondation involontaire et lanca la culture de la vanille dans la région. L’histoire ne dit pas ce que devint le jeune Albius....
C’est une plante capricieuse et délicate qui demande une longue préparation avant d’être commercialisée. Après la récolte, la vanille verte est échaudée à 65°C, afin de stopper sa vie végétative. Elle prend, alors, une belle teinte chocolat. Elle est, ensuite, séchée au soleil pendant une semaine et à l’ombre pendant un mois. Lorsqu ‘elle est suffisamment séche, elle est enfermée pendant huit mois dans des malles en bois, pour l’affiner et développer son arôme. Toutes les semaines, les malles sont ouvertes pour détecter tout signe de moisissure. Un kilo de vanille verte donne 250 g de vanille sèche.
Ce travail entièrement manuel explique que les cours de la vanille sont si élevés et qu’elle se soit vendue jusqu’à 300 euros le kilo au consommateur.
Café
Le café, connu depuis l’Antiquité, est le fruit d’un arbuste qui poussait à l’état sauvage et qui serait originaire de l’Ethiopie ou du Yémen.
Une légende raconte que, le prophète Mahomet étant souffrant, l’Ange Gabriel, envoyé par Allah, lui offrit une boisson noire pour le réconforter. Après avoir bu ce breuvage, Mahomet recouvra force et santé. Il appela la boisson "Qahwa".
Au VIIIe siècle, les Arabes en faisaient une décoction en plongeant des feuilles et des fruits fraîchement cueillis dans de l’eau. Ils se servaient de cette boisson comme médecine. Ce n’est qu’au XVe siècle qu’ils eurent l’idée de le faire sécher, puis de faire griller les grains. C’est à La Mecque que sont créées les premières maisons de café. Le " Qahwa " est, alors, servi chaud dans les bols.
Plus tard, la boisson franchit la frontière de Turquie et arrive à Constantinople. C’est de Turquie que le café part ensuite à la conquête de l’Europe. La ville de Venise qui devait son éclat et sa prospérité au Commerce avec l’Orient fut probablement la première Cité d’Europe où l’on but du café (1615). En France, le café fait son entrée officielle en 1669 : l’Ambassadeur de Turquie, Soliman Aga, offre du café à la cour de Louis XIV à l’occasion d’une grande réception. Le succès pour ce nouveau goût est immédiat.
La grande vogue des "cafés" est lancée par un gentilhomme de Palerme : Francesco Procopio dei Coltelli, qui, en 1886, ouvre un établissement qu’il appelle "Le Café Procope".
À cette époque, le café est un produit de luxe. L’invention du moulin à café en 1687 fit beaucoup pour la diffusion du café, et son usage se répand rapidement en Europe. En 1732, en Allemagne, Jean Sébastien Bach compose sa cantate n° 211, dite "cantate du café". Beethoven était un buveur de café très minutieux : il comptait tout juste 60 fèves pour chaque préparation... Balzac lui-même buvait jusqu’à 30 tasses de café par jour et il consacra une étude approfondie au café et à ses effets sur l'homme.
De nos jours, le café est un moment de détente et de plaisir tout au long de la journée.





